Algeria Alegria tout en sons

<strong> Algeria Alegria tout en sons <strong>

C’est un fait : le festival Uzès Danse s’articule comme un écrin à pépites chorégraphiques. Depuis plusieurs années, David Wampach en fait partie. Dans L’Ombrière, salle de spectacle récente, dont la structure de ses gradins, est idéale à l’observation de l’écriture mouvante et plurielle de l’artiste originaire d’Alès, voici donc Algeria Alegria.

Le titre sonne d’ores et déjà comme une fête, une véritable allégresse, qui existe dès lecture ou prononciation de cet anagramme qui agit comme une formule magique. Et ce n’est pas exagérer que dire que cette pièce revêt quelque chose d’incantatoire, qui travaille à façonner un tour époustouflant. D’abord, parce que Wampach fait littéralement apparaître Dalila Khatir auprès de lui, après dix années à ses côtés en coulisses comme conseillère artistique vocale.

Ensemble, ils se font d’abord face autour d’une table, comme on préside un banquet. Droits, tout en panache et avidité, ils engloutissent les minutes du spectacle, non pas à coup de fourchette mais de cris comme absorption de l’espace.

Les sons se superposent, s’accumulent, se répètent tandis que les corps s’agitent. De corpulence radicalement différente, noueux pour l’un, en courbes pour l’autre, chacun tend à rejoindre l’autre, autour de cette table posée au centre du plateau. Continu, le mélange, voire l’amalgame, se poursuit par une intensité qui modifie l’état des parties prenantes, quitte à tenter de se fondre l’une dans l’autre en modifiant leur état initial. Ainsi, le noir porté au début d’Algeria Alegria fait place à des couleurs vives, des attributs modifiant également les faciès de ceux qui dansent et font vases communicants. Au fil de la pièce, ce tout se met à virevolter et tourner à plein régime jusqu’à l’apothéose. Wampach et Khatir se jettent des sorts l’un et l’autre, par le truchement d’une oralité captivante, qui agit comme un aimant.



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