La Maison Danse ouvre grand son festival

<strong>La Maison Danse ouvre grand son festival<strong>

Un vent frais souffle sur ce 28ème festival La Maison Danse Uzès, point d’orgue de la saison du CDCN dont Emilie Peluchon est à la barre depuis un an. Lors de l’ouverture de sa première édition, la directrice a donné un discours fort et clair, explicitant sa volonté d’épouser tous les lieux de la ville et de travailler avec tous les publics ». Une réalité qui prend forme, par des choix judicieux, inclusifs, donnant le ton de la trajectoire empruntée, où le jeune public s’insère, dès le jeudi soir inaugural avec la pièce Il nous faudrait un secrétaire, d’Ambra Senatore et Marc Lacourt.

Du plateau d’abord nu, où un mode d’emploi semble avoir été oublié, quelques bruits de travaux s’échappent tandis que le public prend place. Le duo qui apparaît se lance dans une heure de proposition hybride, entre écriture chorégraphique et théâtrale, dont la plasticité revêt un lien de parenté avec les mouvements élastiques d’un Buster Keaton. Scènes de déménagement virevoltantes, projet de traversée biblico-halluciné, prennent une tournure consultative, lorsque le 4ème mur tombe : mis à contribution, les spectateurs deviennent partie prenante du spectacle. Tandis que les artistes laissent quelques minutes de réflexion à la salle, il suffit de tendre l’oreille pour apprécier à sa juste valeur la dimension collective de cette assemblée générale extraordinaire, ponctuée par l’intervention d’une spectatrice adulte bien décidée à organiser la répartition des tâches elle-même au beau milieu de quelques enfants ironisant : « Autant qu’elle aille sur la scène… » C’est dire à quel point ce type de représentation, sorte d’agora contemporaine mêlant mineurs et majeurs, porte une importance capitale sur la place qu’investiront les publics dès leur première confrontation à l’espace scénique.

Plus tard, dans le Jardin de l’Evêché, Cépages Dansants (Uzès remix) appelle deux danseurs extraordinaires (Bastien Lefèvre et Clémentine Maubon), les vignerons de l’AOC Duché d’Uzès et une ribambelle de spectateurs intrigués par les épousailles du vin et de la danse contemporaine. En cercle, l’assemblée découvre cette pièce créée en 2013, dans une version revisitée en prise avec le territoire uzégeois, où discours de la dégustation, aux épithètes évocatrices, rencontre la force du récit. Les hommes et femmes de la vigne entrent en matière par la narration du paysage méditerranéen, de sa géographie enivrante, par phénomène de vases communicants avec un public local, absorbant le liquide et le conte. La danse vive de Bastien Lefèvre surgit tel un bouchon d’une bouteille, au détour de questions oenologiques. Celle de Clémentine Maubon incarne des vins puissants et charpentés, avec une puissance tellurique conférée à chaque mouvement. Ces agapes nocturnes ouvrent allègrement le festival par une mise à l’honneur de l’activité viticole historiquement ancrée à Uzès et augurent de belles années à venir dans cette Maison Danse décidemment très ouverte.

Festival la Maison Danse Uzès du 07 au 11 juin 2023

https://www.lamaison-cdcn.fr/saison-2022-2023/28e-festival-la-maison-danse-uzes/



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *