Manuel, l’adolescent héros de Dario Albertini

Manuel, l’adolescent héros de Dario Albertini
Le festival Cinemed de Montpellier programme chaque année une sélection de films réalistes qui proposent de réfléchir sur les sociétés actuelles. Manuel qui a ouvert la compétition du festival, donne le ton. Le réalisateur, Dario Albertini, suit la trajectoire de Manuel, 18 ans, qui sort d’un centre de jeunes. Il retrouve son quartier dans la banlieue de Rome. Il doit assumer de nouvelles responsabilités pour accueillir sa mère incarcérée. Manuel doit suivre les démarches administratives pour la résidence surveillée. Un long parcours, presque initiatique.

Un film réaliste

Dario Albertini est venu présenter son premier film de fiction. Le scénario s’inspire de son dernier documentaire La République des jeunes, qui se plonge dans la quotidien d’un centre éducatif. Ce dernier retraçait l’évolution de cette structure créée après la guerre et la vie de ces jeunes dans le centre. « Les jeunes vivent l’arrivée et la vie dans la structure. Il manquait la sortie et surtout l’après », décrit Dario Albertini. Le personnage de Manuel existe d’ailleurs dans la réalité. Albertini en a déroulé une fiction.

Andrea Lattanzi, l’acteur qui incarne Manuel, se préoccupe également du réalisme du film. « Je ne suis pas un petit bourgeois. J’ai vécu dans la rue. Vu d’où je viens, j’ai vite compris qui pouvait être placé là-dedans », souligne Andrea Lattanzi. Le jeune acteur s’est même immergé pendant un mois dans un vrai centre et a rapidement maîtrisé les codes pour s’y intégrer rapidement. « Je suis arrivé et j’ai mis un morceau de rap », lâche Lattanzi. 

 

Un film sur la jeunesse populaire

Le réalisateur insiste sur la trajectoire de Manuel qui doit grandir plus vite que les adolescents de son âge. « Ces jeunes n’ont pas une vie normale, il leur manque quelque chose », décrit Dario Albertini. Mais les rencontres lui permettent d’évoluer. Une jeune femme plus âgée que Manuel lui permet d’assumer ses responsabilités futures. « Elle lui donne une assurance dans la vie. Elle lui dit que nous sommes tous uniques », explique Dario Albertini. Le film prend la forme d’un road movie ou d’un contre initiatique sur le passage à l’âge adulte.

Malgré son film sombre et réaliste, le réalisateur assume moins la critique sociale. Il laisse le spectateur se faire son propre avis sur la question de ces jeunes livrés à eux-mêmes. Manuel montre également avec acuité la bureaucratie impossible de l’administration. Dario Albertini refuse le pessimisme et trace un film où son héros ne sombre jamais. Une force de caractère incarnée par un interprète rare, véritable révélation du film.


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