Clotilde Courau : « Il faut lutter pour l’égalité des salaires »

Clotilde Courau : « Il faut lutter pour l’égalité des salaires »

Clotilde Courau est l’invitée d’honneur du 40e Cinémed. Présente à Montpellier pour échange autour de son expérience avec des jeunes et des futurs cinéastes, elle évoque sa vision du cinéma.

Pas nostalgique mais bienveillante envers ceux qu’i l’ont fait débuter sur les plateaux, l’actrice rappelle qu’elle a tourné son premier film, Le Petit Criminel, à Sète sous la direction de Jacques Doillon. Elle redécouvre ensuite son métier à travers son tournage avec Philippe Garrel. « C’est davantage l’incarnation du silence. Je n’ai pas besoin de mots pour m’exprimer », confie Clotilde Courau, maîtresse de cérémonie de la soirée inaugurale du Cinémed.

 

« Avec le plan séquence, c’est vous qui mettez le tempo »

En 2019, elle apparaîtra dans Benedetta, un film de Paul Verhoeven sur l’histoire vraie d’une soeur sur le point d’être béatifiée, mais dont la découverte de l’homosexualité bouleverse le destin. Ce long métrage très attendu privilégie les plans de coupe : « Avec le plan séquence, c’est vous qui mettez le tempo », indique t-elle, en préservant le mystère qui entoure le long métrage.

La comédienne en profite pour confier son amour du 7 ème art : « J’aime aussi échanger avec des metteurs en scène avec lesquels je n’ai jamais travaillé ».  L’actrice discute avec la réalisatrice Céline Sciamma ou avec Marie-Ange Luciani, la productrice de 120 battements par minutes. Clotilde Courau aime aussi découvrir différents styles. Elle joue dans des drames ou des comédies. Elle a même eu l’idée de se lancer dans le stand-up, pour l’humour vif et politique.

 

« Le roi argent ne peut pas remplacer l’humanité et l’humanisme »

Des années après ses débuts, elle reste une artiste engagée, notamment dans le féminisme. Prolixe, elle revient sur la vague qui suit l’affaire Weinstein. « Des féministes comme Agnès Varda s’étonnent qu’on en soit encore là. Il faut lutter pour l’égalité des salaires, y compris pour la régisseuse », affirme Clotilde Courau, qui reste optimiste et refuse de sombrer dans la simple nostalgie. « Le roi argent ne peut pas remplacer l’humanité et l’humanisme ».

Elle affirme vouloir continuer à se battre et refuser d’accepter les injustices. « J’ai des enfants et je ne peux pas leur montrer le visage du défaitisme », confie celle qui, dans un mélange d’effronterie et de spontanéité, pourrait être la princesse la plus engagée médiatiquement après Lady Di.



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