Entre l’ère Edo et le design au Gate Hotel Kaminarimon

Entre l’ère Edo et le design au Gate Hotel Kaminarimon

Impossible de visiter l’historique quartier d’Asakusa, à l’est de la capitale nippone, sans faire halte au Gate Hotel Kaminarimon. Installé à deux pas de la porte éponyme (qui donne accès au temple Senso Ji), l’établissement ouvert en 2012 par la société immobilière japonaise Hulic fait preuve d’un grande inventivité.

Aménagé dans d’anciens bureaux d’entreprise, jusqu’au dernier étage d’une tour moderne, l’hôtel s’est taillé une solide réputation pour les amateurs d’art et de design. Sous l’égide de Shigeru Uchida (décédé en novembre 2016), architecte d’intérieur d’envergure internationale, vrai créateur et designer de la première vague, toutes les pièces ont été littéralement soulevées de terre.

Les jeux de lumière et de couleur, présents dès le lobby en marbre clair, créent une atmosphère qui scinde le ludique et l’épure. Cette fantaisie là, distribuée à la fois partout mais de façon légère, est la signature des artistes que l’on oublie jamais. En atteste un grand canapé violet incurvé et une sculpture multicolore.

Cette esthétique, qui évite l’écueil de l’immaculé et des lignes minimalistes monochromes reproduites à l’infini ailleurs, invente son propre langage. Incarnées, par des empreintes artistiques fortes, toutes les pièces composent donc un canevas finement tissé entre le baies vitrées s’étirant du sol au plafond.

Dans le R restaurant, ouvert jusqu’à minuit et toute la nuit pour ceux qui restent dormir, il y a bien la vue panoramique imprenable sur Tokyo et ses artères clignotant paisiblement, un magnifique piano à queue noir laqué. Mais il y a surtout cinq tableaux de Katsuhiko Kabino (Roppongi art night), créés pour et accrochés viscéralement aux murs.

Dîner à une heure avancée de la nuit l’excellente et copieuse cuisine, c’est un peu comme traverser la vitre d’une oeuvre de Hooper, le contraste entre le patrimoine millénaire extérieur et les influences contemporaines à l’intérieur, en plus. On regarde observe autant les vestige de l’ère Edo que les contours arc en ciel des miroirs design façonnés par Uchida.

Le matin, le jour entre de toute part dans cette salle à manger où l’on petit-déjeune en observant le flux des voitures et des passants, en contrebas. A bien des égards, la sensation de flotter dans une belle en suspension au dessus de la ville, refait surface. Déroutant et formidable écrin.

 

Dans les étages , les 137 chambres ne déméritent pas. Elles donnent toutes sur la Skytree ou le Senso Ji. C’est selon. Naturellement, pas de vis-à-vis en de telles conditions.

Le mobilier sombre laisse encore une fois éclater des bulles de vitalité, très urbaines, avec la présence de panneaux textiles multicolores imaginés par le jeune artiste Masaru Suzuki. On y apprécie l’espace, la lumière et le jeu, omniprésent. Rien ne manque et rien n’est superflu.

Au dernier étage, là-haut sur la terrasse panoramique, un excellent bar sert de parfaits breuvages et offre une vue à couper le souffle sur la spectaculaire Tokyo,  jamais vraiment endormie.

 

The Gate Hotel Kaminarimon

2 Chome-16-11 Kaminarimon, Taito, Tokyo 111-0034, Japon

https://www.gate-hotel.jp/english/

 



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