En avant partout, c’est encore la Saint Louis !

En avant partout, c’est encore la Saint Louis !

La 275ème édition de la Saint Louis, avait des accents culturels prononcés cette année. Tout d’abord, parce que l’affiche dont la direction artistique assurée par Agnès Varda et dessinée par l’illustrateur brestois Christophe Vallaux, empruntait à la caricature. Représentant des jouteurs sur une tintaine, coiffés tel la réalisatrice de La Pointe Courte (1955), l’affiche n’a pas été du goût de tous : d’une part, car elle ne « respectait pas la figure du jouteur » et d’autre part, parce que l’artiste n’était pas de la région.

Mais ces désagréments ont été balayés par de savantes passes, lundi 21 août, lors du tournoi des poids lourds. Après des heures d’affrontements dans le Cadre Royal au son du hautbois et du tambour, David Aprile (le droitier, de Palavas, tenant du titre) et Simon Le Couteur (le gaucher d’Agde), sont tous les deux  tombés à l’eau en demi-finale, sacrant dès lors le jeune Sétois Simon Caselli.

Une victoire qui a ému nombre de natifs de l’île singulière, comparant ce dénouement à celui de David et Goliath. Quand il s’agit de joutes, mythologie et lyrisme sont de mise. Il est question là d’exploit et de passion.

Habituellement organisé le tout dernier lundi du mois d’août, le tournoi a aussi été avancé d’une semaine pour permettre aux estivants d’y assister. Un décalage stratégique, qui a étonné les puristes sétois, vivement attachés à la tradition. Pour autant, le retour du Grand Prix à Sète, a laissé place aux célébrations dans les baraquais de la ville, jusqu’à des heures très avancées de la nuit. Un principe, à la Saint Louis. Autre principe, voire rituel, les chants du Rescatore, qui font vibrer le Cadre Royal entre deux passes.

Du quai de la Marine au parvis des halles, en passant par le pont de la Savonnerie, l’Île Singulière a dignement célébré sa fête la plus emblématique. Au point qu’un habitué des agapes nautiques s’est écrié au soir même de la victoire : »Mais personne ne travaille dans cette ville ? ». Pas un lundi de Saint Louis, assurément. Le lendemain, la douceur de vivre sétoise fait le reste.

 

Photos et texte : GP et Roch Bonamour